Témoins à Babylone

Quelques définitions utiles pour être témoins de Jésus au milieu de la Babylone où il nous a placés.

Dans quel monde vivons nous ? Pour être un témoin de l’Évangile dans le monde, on doit savoir dans quel monde on vit. Pourtant, les chrétiens se comportent encore comme si les gens qu’ils rencontrent sortaient du parvis d’une église. Mais aujourd’hui, les gens ne savent plus grand chose de Dieu. Plus que cela, il se désintéressent même de la question ! Pour eux, l’existence du divin n’est plus un débat essentiel. Nous ne vivons pas à Sion, mais au milieu de Babylone. Prenons donc garde aux patois de Canaan. Nous vivons dans un monde sécularisé. Afin de décrire notre société dans son rapport à la croyance, et de mieux se positionner en tant que témoins de Jésus, voici quelques définitions utiles :

A quel époque vivons nous ? A l’âge séculier. Et l’âge séculier, c’est – comme l’a dit Charles Taylor – un âge où on se réveille le matin, et on se dit : « nous pouvons être heureux sans Dieu et Dieu, finalement, n’a pas grand-chose à voir avec mon bonheur » ; c’est envisager une possibilité de pouvoir vivre heureux sans faire appel et recours au divin ; c’est une position dans laquelle, finalement, l’incroyance est devenue la croyance par défaut.

Le missionnaire – et missiologue – Leslie Newbigin avait entrevu cet état de fait. Envoyé de l’Angleterre en Inde, pour atteindre ces nations qui ne connaissaient pas l’Évangile, il apprit à étudier la culture dans laquelle il était envoyé. Après plusieurs années, il revint en Angleterre, et là, il fut stupéfait. Entre l’Angleterre qu’il avait connue étant jeune et l’Angleterre qu’il retrouvait, un profond fossé s’était creusé. Un profond décalage entre la société là où elle s’en était rendu et l’Église. Son interpellation fut alors la suivante : « Il faut que l’église réexamine les conditions de la croyances. Il faut que l’église recouvre ses paradigmes missionnaires, ce réflexe missionnaire d’étudier la culture dans laquelle elle est, parce que le processus de sécularisation est passé par là ».

Mais qu’est-ce donc que la sécularisation ? La sécularisation est le processus historique qui a fait de notre monde ce qu’il est : un monde sécularisé. La sécularisation, c’est le recul du fait religieux dans toutes les sphères de la vie et de la pensée. Pour reprendre les termes de Leslie Newbigin, c’est :

  • dans la sphère de la vie quotidienne, le recul des entités religieuses organisées, et
  • dans la sphère intellectuelle, le recul de tout ce qui est considéré comme des vérités religieuses révélées.

Ce recul des vérités religieuses révélées dans la sphère de la pensée, c’est ce qu’on appelle aussi le sécularisme.

Quel est le mode de pensée de notre monde sécularisé ? C’est donc le sécularisme. Leslie Newbigin le définit comme un système de pensée ou une attitude. Une posture mentale qui, par définition, « nie l’importance – voir même – l’existence des réalités autres que celles que permettent de mesurer les sciences naturelles ». Réuni à Jérusalem en 1928, le Conseil International des missions en donne la définition suivante : « Le sécularisme, c’est un mode de vie, une compréhension de la vie qui n’inclut que l’ordre naturel des choses, et ne considère pas Dieu ou tout autre réalité spirituelle comme nécessaire pour la vie ou la pensée. ».

Nous vivons dans un monde sécularisé, ce qui est l’aboutissement d’un processus historique, la sécularisation. Ce processus marque le recul du fait religieux dans les sphères de la pensée et de la vie. La pensée sans Dieu érigée en système, c’est ce qu’on appelle le sécularisme. L’attitude qui consiste à construire son bonheur sans Dieu, c’est celle qui prédomine à l’âge où nous vivons : l’âge séculier. Mais vivre à l’âge séculier, est-ce vivre dans un monde où le spirituel est absent ? Non ! Car le processus de sécularisation n’a pas aboutit à la généralisation de l’incroyance.

Si on voulait établir un selfie en 3D du rapport de notre société au spirituel, comment l’appellerait-on ? On l’appelle sécularité. Et voici les 3D de la sécularité : Dans notre monde, on observe : 1) un déclin de la croyance, 2) une interrogation sur la plausibilité de la croyance, 3) une pluralité de croyances.

Pour conclure, je vous invite à répondre vous-mêmes à ces trois questions, en pensant à votre voisinage, à votre famille, et au milieu professionnel ou associatif au sein duquel vous êtes actif : 1) Y-a-t-il pluralité de croyances ? 2) Y-a-t-il déclin de la croyance ? 3) Y-a-t-il encore une interrogation sur la plausibilité de la croyance ?

Répondre attentivement à ces 3 questions pourrait vous aider à gagner en pertinence dans votre angle d’approche, lorsque l’on vous demandera de donner raison de l’espérance qui est en vous.

« Seul le Christ est votre Seigneur. Honorez-le comme tel dans vos cœurs et consacrez-vous entièrement à lui. Si l’on vous demande des explications au sujet de votre espérance, soyez toujours prêts à la justifier courtoisement et dans le calme, avec modestie et respect. » (1 Pierre 3.15, version Parole Vivante)

Que le Seigneur vous trouve prêt à partager votre belle espérance, au milieu de la Babylone au sien de laquelle il vous a placés !

Raphaël Anzenberger, édité par Aurélien Bloch

Cet article a été écrit par Aurélien

Aurélien est évangéliste-formateur. Il est membre de l'équipe de la plateforme TousTémoins.com

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